Aller au contenu principal

Assurance emprunteur : guide complet pour 2026

Assurance emprunteur en 2026 : taux, garanties IPT/ITT, loi Lemoine et délégation. Économisez jusqu'à 15 000 € sur votre prêt immobilier avec ce guide.

Covelia · Expert en assurance
17 min de lecture

L’assurance emprunteur couvre le remboursement du capital restant dû en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de travail. Depuis la loi Lemoine (2022), tout assuré peut changer de contrat à tout moment, sans frais. L’économie moyenne atteint 10 000 à 15 000 € en passant d’un contrat bancaire à une délégation d’assurance (APRIL, 2025). Le marché représente 7,6 milliards d’euros de primes annuelles.

10 000–15 000 €

Économie moyenne en changeant d'assurance emprunteur

En passant du contrat groupe bancaire à une délégation d'assurance externe.

Source : APRIL, baromètre 2025

Comment fonctionne l’assurance emprunteur ?

L’assurance de prêt immobilier garantit à la banque le remboursement du capital en cas de sinistre touchant l’emprunteur. Sans être légalement obligatoire, elle est exigée par tous les établissements prêteurs pour accorder un crédit immobilier.

Le mécanisme repose sur trois éléments :

  1. Les garanties définissent les risques couverts (décès, invalidité, incapacité, perte d’emploi)
  2. La quotité détermine la part du capital assurée par chaque co-emprunteur (de 50 % à 200 % pour un couple)
  3. Le taux d’assurance (TAEA) fixe le coût annuel, exprimé en pourcentage du capital emprunté ou du capital restant dû

Selon l’ACPR (2025), les bancassureurs captent encore 85 % du marché en stock de primes. Les trois premiers acteurs — Crédit Agricole, CNP Assurances et Crédit Mutuel Alliance Fédérale — concentrent à eux seuls 59 % des cotisations des 25 premiers assureurs, selon l’Argus de l’Assurance (2025).

L’assurance de prêt représente un poste de dépense majeur dans le budget immobilier. Sur un prêt de 250 000 € sur 20 ans, le coût total de l’assurance peut varier de 5 000 € à plus de 50 000 € selon le profil et le type de contrat. Cette logique de mise en concurrence s’applique aussi à l’assurance auto ou à l’assurance habitation, où les écarts entre assureurs dépassent régulièrement 50 %.

Comparez les assurances emprunteur

La loi Lemoine permet de changer d'assurance emprunteur à tout moment. Les écarts de tarifs peuvent représenter plusieurs milliers d'euros sur la durée totale du prêt.

Les garanties de l’assurance emprunteur

Les banques exigent un socle de garanties qui varie selon la nature du prêt. La fiche standardisée d’information (FSI), obligatoire depuis l’arrêté du 29 avril 2015, détaille les garanties minimales requises par le prêteur.

Garanties de l'assurance emprunteur : obligatoires et facultatives

Garantie Décès
Sigle DC
Nature Obligatoire
Déclenchement Remboursement du capital restant dû au décès
Garantie Perte totale et irréversible d'autonomie
Sigle PTIA
Nature Obligatoire
Déclenchement Invalidité 3e catégorie Sécu, assistance tierce personne
Garantie Invalidité permanente totale
Sigle IPT
Nature Obligatoire (rés. principale)
Déclenchement Taux d'invalidité ≥ 66 %
Garantie Incapacité temporaire totale
Sigle ITT
Nature Obligatoire (rés. principale)
Déclenchement Arrêt de travail temporaire
Garantie Invalidité permanente partielle
Sigle IPP
Nature Facultative
Déclenchement Taux d'invalidité entre 33 % et 66 %
Garantie Perte d'emploi
Sigle PE
Nature Facultative
Déclenchement Licenciement économique uniquement

Pour un investissement locatif, seules les garanties DC et PTIA sont généralement exigées. L’ITT et l’IPT ne sont pas requises puisque les revenus locatifs couvrent les mensualités indépendamment de la capacité de travail de l’emprunteur.

La quotité d’assurance

La quotité détermine la part du capital couverte par chaque emprunteur. Pour un emprunteur seul, la quotité est de 100 %. Pour un couple, le total doit atteindre au minimum 100 %, mais peut aller jusqu’à 200 % (chaque emprunteur couvert à 100 %).

Le choix de la quotité impacte directement le coût. Une quotité 50/50 réduit la prime mais offre une protection moindre : en cas de décès d’un co-emprunteur, seule la moitié du capital est remboursée.

Combien coûte l’assurance emprunteur en 2026 ?

Le coût de l’assurance de prêt se mesure par le TAEA (Taux Annuel Effectif de l’Assurance), un indicateur obligatoire depuis le décret n°2014-1190 du 15 octobre 2014. Ce taux varie considérablement selon l’âge, l’état de santé, la profession et le type de contrat.

TAEA moyen par profil : contrat bancaire vs délégation (Sources : Meilleurtaux, Magnolia, 2026)

Profil Moins de 35 ans
TAEA contrat bancaire 0,30–0,46 %
TAEA délégation 0,06–0,08 %
Écart ÷ 4 à 5
Profil 35-45 ans
TAEA contrat bancaire 0,50–0,77 %
TAEA délégation 0,12–0,20 %
Écart ÷ 3 à 4
Profil 45-55 ans
TAEA contrat bancaire 0,80–1,00 %
TAEA délégation 0,25–0,40 %
Écart ÷ 2 à 3
Profil Plus de 55 ans
TAEA contrat bancaire 1,26–1,50 %+
TAEA délégation 0,50–0,80 %
Écart ÷ 2

Selon le baromètre APRIL/APCADE (2025), les tarifs en délégation ont reculé de 27 % en moyenne entre 2020 et 2025, sous l’effet de la concurrence accrue par la loi Lemoine. Parmi les emprunteurs ayant changé d’assurance, 92 % déclarent avoir économisé, dont 43 % plus de 5 000 € et 15 % plus de 10 000 €.

Sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans, un emprunteur de 30 ans non-fumeur paie environ 2 400 € au total en délégation (TAEA 0,06 %) contre 12 800 € en contrat bancaire (TAEA 0,32 %). L’économie représente 10 400 € selon Reassurez-moi (2026).

« L'assurance emprunteur reste le poste le plus sous-optimisé du crédit immobilier. Avec la loi Lemoine, changer prend 10 minutes en ligne mais peut représenter l'équivalent d'une année de mensualités sur la durée du prêt. »

Astrid Cousin

Porte-parole, Magnolia.fr

La loi Lemoine : changer d’assurance à tout moment

La loi n°2022-270 du 28 février 2022 a transformé le marché de l’assurance emprunteur avec trois mesures majeures.

1. Résiliation à tout moment

Depuis le 1er septembre 2022, tout emprunteur peut résilier et substituer son assurance de prêt à tout moment, sans attendre de date anniversaire, sans frais et sans pénalités. Cette mesure rend caducs les mécanismes antérieurs de la loi Hamon (12 premiers mois) et de l’amendement Bourquin (résiliation annuelle).

La procédure est simple :

  1. Souscrire un nouveau contrat auprès de l’assureur de son choix
  2. Envoyer la demande de substitution à la banque par lettre recommandée ou support durable
  3. Attendre la réponse de la banque sous 10 jours ouvrés
  4. En cas d’acceptation, le nouveau contrat prend effet à la date convenue

Selon le CCSF (bilan 2024), les demandes de substitution ont augmenté de 80 % entre 2021 et le premier semestre 2023, avec 215 000 contrats alternatifs souscrits sur cette période. Pour approfondir la procédure de substitution, consultez notre article dédié à la délégation d’assurance emprunteur.

Ce droit de résiliation à tout moment s’inscrit dans un mouvement plus large qui touche l’ensemble du secteur de l’assurance. La résiliation infra-annuelle existe aussi pour les contrats d’assurance auto et les complémentaires santé, facilitant la mise en concurrence des assureurs.

2. Suppression du questionnaire de santé

La loi Lemoine supprime le questionnaire médical si deux conditions cumulatives sont remplies :

  • L’encours assuré ne dépasse pas 200 000 € par emprunteur
  • Le prêt est remboursé avant le 60e anniversaire de l’assuré

Un couple empruntant avec une quotité 50/50 peut ainsi obtenir un prêt de 400 000 € sans aucune formalité médicale. Cette mesure facilite l’accès au crédit pour les personnes présentant un risque de santé.

3. Droit à l’oubli renforcé

Le délai du droit à l’oubli est réduit de 10 à 5 ans après la fin du protocole thérapeutique pour les cancers et l’hépatite C, sans rechute constatée (article L1141-5 du Code de la santé publique). Cette avancée permet à des milliers d’anciens malades d’accéder à l’assurance au tarif standard.

L’historique des réformes : de Lagarde à Lemoine

Le marché de l’assurance emprunteur a été progressivement ouvert à la concurrence par une succession de lois sur plus d’une décennie.

Chronologie des réformes de l'assurance emprunteur

Année 2010
Réforme Loi Lagarde
Apport principal Libre choix de l'assureur (délégation d'assurance)
Année 2014
Réforme Loi Hamon
Apport principal Substitution dans les 12 premiers mois du prêt
Année 2015
Réforme Décret TAEA + FSI
Apport principal Transparence tarifaire obligatoire
Année 2017/2018
Réforme Amendement Bourquin
Apport principal Résiliation annuelle à date anniversaire
Année 2022
Réforme Loi Lemoine
Apport principal Résiliation à tout moment + suppression questionnaire santé

Malgré ces avancées législatives, les bancassureurs conservent une position dominante avec 85 % des parts de marché en stock. La projection PwC estime que la délégation pourrait atteindre 28 % à l’horizon 2030. Ce cadre réglementaire en constante évolution fait partie d’un ensemble plus large de réformes touchant le secteur de l’assurance en France. La loi Lemoine s’inscrit dans la lignée de la loi Hamon qui avait déjà facilité la résiliation en assurance auto et habitation.

La convention AERAS : emprunter avec un risque de santé

La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) encadre l’accès à l’assurance emprunteur pour les personnes présentant un risque médical.

Le système d’examen à trois niveaux

  1. Niveau 1 : questionnaire de santé standard. Si le risque est jugé ordinaire, le contrat est proposé aux conditions normales
  2. Niveau 2 : le dossier est transmis à un service médical spécialisé de l’assureur
  3. Niveau 3 : un pool d’experts médicaux examine le dossier (prêt plafonné à 420 000 € et échéance avant le 71e anniversaire)

La convention prévoit un écrétement des surprimes pour les revenus modestes et impose un délai de traitement maximal de 5 semaines (dont 3 semaines pour la partie assurance). La grille de référence AERAS, mise à jour annuellement, liste les pathologies pour lesquelles l’assurance est proposée au tarif standard ou avec une surprime plafonnée après un certain délai de rémission.

Comment choisir son assurance emprunteur ?

Le choix d’une assurance de prêt repose sur l’analyse de plusieurs critères objectifs. La fiche standardisée d’information (FSI), remise obligatoirement par la banque dès la première simulation, liste les garanties minimales exigées et permet de comparer les offres.

Les critères de comparaison

  1. Le TAEA : indicateur de coût le plus fiable, il permet de comparer des contrats sur une base homogène
  2. L’équivalence de garanties : le contrat externe doit couvrir au minimum les mêmes garanties que le contrat groupe, vérifiées sur les 11 critères fixés par le CCSF
  3. Les exclusions : sports à risque, maladies psychologiques, pathologies dorsales — certains contrats sont plus restrictifs que d’autres
  4. Le mode de calcul : sur le capital initial (prime constante) ou sur le capital restant dû (prime dégressive)
  5. Les délais de franchise : période d’attente avant l’indemnisation en cas d’ITT (généralement 30 à 180 jours)

Selon APRIL (2025), 41 % des emprunteurs rencontrent des obstacles administratifs lors du changement d’assurance. Se faire accompagner par un courtier ou utiliser un comparateur en ligne réduit significativement ce risque. Les emprunteurs doivent aussi penser à leur mutuelle santé pour optimiser l’ensemble de leur budget assurance. Pour comprendre l’impact des taux d’assurance emprunteur sur le coût total du crédit, consultez notre analyse détaillée.

Les propriétaires accédants doivent aussi penser à leur assurance habitation, obligatoire en copropriété, et à optimiser leur assurance auto pour équilibrer le budget global d’assurance du foyer.

Comparez les offres d'assurance emprunteur

La délégation d'assurance emprunteur permet d'économiser jusqu'à 15 000 € sur un prêt de 250 000 € sur 20 ans selon les courtiers spécialisés.

Questions fréquentes

L'assurance emprunteur est-elle obligatoire ?
Aucune loi n'impose la souscription d'une assurance emprunteur. En pratique, les banques l'exigent systématiquement pour accorder un prêt immobilier. Les garanties décès (DC) et perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) sont toujours requises ; l'IPT et l'ITT sont exigées pour les résidences principales.
Comment changer d'assurance emprunteur avec la loi Lemoine ?
Depuis le 1er septembre 2022, tout emprunteur peut résilier et changer d'assurance de prêt à tout moment, sans frais, par lettre recommandée ou sur support durable. La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser (motif d'équivalence de garanties uniquement). Le nouveau contrat doit présenter un niveau de garantie au moins équivalent.
Combien coûte une assurance emprunteur en 2026 ?
Le taux moyen (TAEA) varie de 0,06 % pour un jeune emprunteur en délégation à plus de 1,26 % pour un assuré de plus de 55 ans en contrat bancaire. Sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans, le coût total oscille entre 2 400 € (délégation, jeune) et 50 000 € (contrat groupe, senior).
Peut-on obtenir un prêt sans questionnaire de santé ?
Oui, depuis la loi Lemoine (juin 2022). Le questionnaire de santé est supprimé si deux conditions cumulatives sont remplies : l'encours assuré ne dépasse pas 200 000 € par emprunteur et le prêt est remboursé avant le 60e anniversaire de l'assuré. Un couple peut ainsi emprunter jusqu'à 400 000 € sans questionnaire avec une quotité 50/50.
Qu'est-ce que la délégation d'assurance emprunteur ?
La délégation d'assurance, instaurée par la loi Lagarde (2010), permet de choisir librement son assureur au lieu d'accepter le contrat groupe proposé par la banque. La seule condition : le contrat externe doit présenter un niveau de garantie équivalent. L'économie moyenne atteint 10 000 à 15 000 € sur la durée totale du prêt.
Qu'est-ce que le droit à l'oubli en assurance emprunteur ?
Le droit à l'oubli dispense les anciens malades de déclarer leur pathologie dans le questionnaire de santé. Depuis la loi Lemoine, le délai est réduit à 5 ans (contre 10 ans auparavant) après la fin du protocole thérapeutique pour les cancers et l'hépatite C, sans rechute constatée.
Quelles garanties sont exigées par les banques ?
Pour une résidence principale : décès (DC), perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA), invalidité permanente totale (IPT) et incapacité temporaire totale (ITT). Pour un investissement locatif : DC et PTIA suffisent généralement. La perte d'emploi (PE) et l'invalidité permanente partielle (IPP) restent facultatives.
Que faire si la banque refuse le changement d'assurance ?
La banque ne peut refuser que pour un motif d'équivalence de garanties insuffisante, et doit motiver son refus par écrit sous 10 jours ouvrés. En 2025, la DGCCRF a sanctionné 7 banques pour non-respect de ces délais. En cas de refus abusif, l'emprunteur peut saisir le médiateur de l'assurance ou contacter la DGCCRF.

Dernière mise à jour : mars 2026. Les informations présentées sont données à titre indicatif et ne constituent pas un conseil personnalisé.

Comparer les offres